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Ennadre

présentée
du 17 octobre > 10 novembre 2000

Est né en 1953 à Casablanca au Maroc. Vit et travaille à Paris.

« Eclats. Irruption de lumière sur noir définitif. Naissance, mort, droit dans vos yeux, nerfs, tête et corps. Rappelez-vous : la vie... La violence est toujours odieuse.

Qui voit l’œuvre de Touhami Ennadre pour la première fois éprouve une sensation forte. Vous ne resterez pas indifférent, réservé, calme. Ou bien vous fuirez, refusant de regarder votre image et le monde, ou bien vous serez en arrêt, médusé et forcé de réagir devant le tragique de l’existence. La commotion qui vous émeut n’est pas porte-malheur, elle ne se complaît pas dans la souffrance, mais travaille à votre délivrance : sa finalité cathartique est éclatante.

Ce qui frappe devant cette œuvre est l’unité du projet plastique, la nécessité qui le traverse. Ennadre part, dit-il, du principe « qu’ il faut donner. Il faut être vraiment vrai. Ça déchire. Ça amène un tas de chaises que vous ne connaissez pas. C’est ça ou rien. » Il essaie de trouver le « réel le plus réel » : « la lumière est le réel du plus réel, c’est la seule chose qui m’obsède. »…

L’image ici concentre toutes les énergies, celle d’Ennadre, les nôtres et les réoriente vers la vie : tensions, intensités, tragique. Aucun artifice, pas le moindre contre-jour, mais du noir, de la lumière, de la contre-mort. Ce monde est habité par le mythe, celui de l’origine et des fins, celui de la renaissance. L’ordre du cosmos manifeste l’indissociabilité de la vie et de la mort que seule une vision poétique peut dévoiler. »

Extrait de l’ouvrage
« Ennadre, Lumière Noire »
de François Aubral.