AGEL, Village du Minervois

présentée
du 16 octobre au 10 novembre 2001

Agel : un petit village que rencontre par hasard, au détour de sa route, le touriste amoureux du Midi, l'amateur de bon vin, le citadin en quête de quiétude. Agel n'est pourtant pas si paisible: chaque habitant a sa petite histoire, traversée de guerres, de résistance aux ennemis et aux intempéries, de vélos volés, de caves cambriolées. On a tout vu à Agel, et c'est pour cette raison qu'on peut se permettre de jeter sur le monde un regard plein d'ironie, de curiosité et d'amusement.

C'est ce regard qu' a choisi Rémy Pequignot, inscrivant dans ses photographies l'âme d'un village, de ses habitants, et la sienne même: dans ce lieu de son enfance, chaque mur, chaque rue, chaque visage, même ridé, est le miroir de sa jeunesse. Les portraits sont poignants, retraçant une histoire de labeur à la vigne, une histoire d'amour, pourquoi pas un conte de fée dans ce château posé mystérieusement au faîte du village… Rémy Pequignot met en œuvre une photographie de ses origines, entre réalisme et poésie.

On est saisi par la lumière aveuglante du soleil les jours de vendange, on croule avec le vendangeur sous le poids des raisins, on s'incline avec humilité devant le poids des ans. On entre dans l'intimité feutrée des amisons, où chaque objet trouve sa place minutieuse;

La poésie, elle est dans chaque sillon qui marque les visages, dans la nostalgie de la jeunesse perdue, des bons amis qui vivaient là. Elle est dans les rires, dans le bonheur simple d'être toujours là en l'an 2000, d'aller acheter son pain, de sulfater sa vigne, d'aimer son conjoint et son fils.

"Bah! Disent-ils en haussant les épaules, pourquoi s'intéresse-t-il à nous ce Rémy Pequignot, on marque mal en photo" Pourtant, amusés malgré eux, ils se prêtent au jeu, prennent la pose, fièrement, tout surpris de découvrir grâce à cet hurluberlu que fermer ses volets pour se protéger du soleil crée le clair-obscur, qu'un encadrement de porte ou de fenêtre est, en somme, un cadre…

Mais surtout ils se révèlent dans toute leur beauté, si eux-même, si vrais qu'on entendrait rouler les r…

Laure Grandjean
Professeur de Lettres – Paris, 2000


Né en 1972.
Ecrire à Rémy Pequignot
Vit et travaille à Paris
Ecrire aux photDiplômé de L'Ecole Nationale Louis Lumière.