Euphrate, le pays perdu

présentée
du 15 octobre au 23 novembre 2002.

C'est en photographiant une citadelle arabe qui domine un coude de l'Euphrate que j'appris, au moment même où je découvrai le grand fleuve, que toute la vallée qui s'étendait sous mes yeux allait bientôt disparaître sous les eaux du barrage Tishrin. A l'envie de photographier cette vallée - les maisons des villageois se confondant avec le paysage offraient une raison bien suffisante de s'intéresser au lieu - s'ajoutait le sentiment d'une nécessite : celle d'enregistrer ce qui était voué à disparaître. Cet événement justifiait pour un photographe de s'engager dans un long de travail pour conserver la mémoire de cette vallée, mais il constituait surtout l'occasion, non seulement de capter photographiquement cette réalité, mais aussi de lui donner une seconde vie, une seconde réalité proprement photographique. Ce qui était bien un autre enjeu ! Il y avait autant d'immodestie dans ce projet que de modestie dans le travail. Il faudrait photographier chaque jour des scènes du quotidien, dans leur simplicité, dans leur banalité, belle et ordinaire, pour laisser résonner dans l'image du paysage environnant tout ce que l'on savait de son tragique destin. Pendant deux ans, je suis revenu a sept reprises dans cette vallée perdue du Haut-Euphrate syrien et l'existence de ce livre aujourd'hui me donne une grande satisfaction.

Dubaï, 10 octobre 2000


Hugues Fontaine, écrire au photographe
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