« Il était une fois… cinq contes de Perrault » met en scène :
Arielle Dombasle, dans le rôle de Cendrillon.
Estelle Lefebure, dans le rôle de La Belle au Bois dormant.
Joeystarr, dans le rôle de Barbe Bleue.
Djibril Cissé, dans le rôle du Chat Botté.
Emmanuel Thibault, (danseur soliste), dans le rôle du Petit Chaperon Rouge.


Gérard Rancinan revisite les contes de Perrault.
Loin de toute dimension passéiste, ce travail s’inscrit dans un reflet de la société d’aujourd’hui, avec ses beautés, ses déviances, ses peurs et ses rêves…
Héros légendaires et universels, les personnages de Charles Perrault n’en finissent pas de hanter l’imagination des petits et des grands. Ils incarnent une histoire éternelle, celle de l’homme et de nos sociétés, d’hier et d’aujourd’hui. Ils sont des miroirs qui reflètent les archétypes de l’humanité. Loin de la reprise hollywoodienne et souvent édulcorée de Walt Disney, les contes de Charles Perrault, inspirés de la tradition orale, sont d’une rare violence. A tel point que leurs déclinaisons ont toujours été adoucies. Même celles des frères Grimm atténuèrent le plus souvent la dureté des fins.

Avec ces histoires si noires, si cruelles, qu’a voulu dire Perrault ? L’auteur agrémente chacun des huit contes du recueil « Histoires ou contes du temps passé », d’une « moralité ».
Ce ne sont pas des histoires gratuites, mais des exemples, des modèles. Il ne faut pas oublier que Charles Perrault écrit ces contes pour la cour de Louis XIV. Il ne cherche pas seulement à distraire son auditoire, il donne aussi des leçons de morale. Et la noirceur de ces contes semble toujours viser une plus grande efficacité, une empreinte plus profonde sur celui qui l’écoute et le lit. Ces histoires sont toujours des avertissements : encore aujourd’hui, ils nous chuchotent à l’oreille : « attention ! » Et suscitent une résonance profonde, qui ne nous abandonne jamais, même lorsque nous parvenons à l’âge adulte.

C’est en cela que Perrault est universel, il traverse les siècles, mais il traverse aussi les différents âges de l’homme : les peurs, les cruautés, les dangers qu’il décrit ne nous quittent jamais vraiment. Plus que des mythes, ce sont des archétypes, qui semblent toujours avoir été tapis au fond de notre âme. Voilà ce qui est le plus troublant dans ces contes : l’osmose totale entre ces « projections » et les chambres d’écho qu’elles trouvent en nous-même, au plus profond de notre cerveau reptilien, celui des peurs et des désirs, que nous partageons avec les espèces ancestrales. Perrault n’invente pas : il soulève le voile. Le voile de notre âme. Il nous écorche vif….

Pour Bruno Bettelheim, les contes sont « l’expression symbolique des expériences les plus importantes de la vie ». Intuitivement ou explicitement, on entend sourdre l’écho d’une autre histoire, plus personnelle, indéfiniment recommencée. L’histoire qui sera donnée à vivre à chaque enfant et qu’il pressent déjà, alors que les mots résonnent dans sa chair. D’une certaine façon, les contes préparent l’enfant à mieux vivre, à affronter le meilleur comme le pire. Ils l’aident à se constituer, à identifier ses peurs et à les dépasser, en les renvoyant de l’autre côté du réel – dans la fiction, dans l’irréel, qu’on peut faire disparaître en fermant simplement le livre.

Visite du site du photographe.

Exposition présentée par la Galerie Lillebonne, Espace Culturel d'Art Contemporain en partenariat avec la galerie Rabouan Moussion et en collaboration avec de visu.