Petits contes algériens

L’Algérie reste liée à mon histoire personnelle et j’ai eu la chance de pouvoir séjourner plusieurs fois auprès des femmes du Gourara, au sud du grand erg occidental, dans un environnement préservé.
Cette fois l’enjeu était autre. Il s’agissait pour moi d’essayer d’être perméable à l’immense foisonnement actuel, aux tensions qui résultent des 10 dernières années de souffrance, aux contrastes économiques et géographiques, à la complexité des rapports humains, à la prolifération urbanistique, aux échappées. Bref de saisir la tension sans perdre l’humanité, de faire des images relevant à la fois de la distance et de l’appartenance.
Sur place j’ai été confronté à une société de non-image. Et ma pratique photographique est passée du noir et blanc à la couleur.
Le résultat en est une série de petits contes très brefs qui permettent de prendre de la distance par rapport à la réalité et d’être pourtant dans son intimité.
« On respire. J’ai moins peur qu’avant. Il y eut une époque où je ne dormais pratiquement pas. Je restais à écouter les bruits de la nuit, à deviner d’où venaient les échos des fusillades, à sursauter au moindre craquement dans la cage d’escalier. Désormais, je dors mieux mais j’ai toujours un peu d’appréhension avant de sortir de chez moi. En 1996, j’ai découvert une tête posée sur la voiture d’un voisin. On n’a jamais su à qui elle appartenait »
Le Monde diplomatique - mars 2004.

Galerie Lillebonne, Espace Culturel d'Art Contemporain
14 rue du cheval blanc
54000 Nancy

"Petits contes algériens"
Françoise SAUR (photographies)
du 11 mars au 9 avril 2005

Exposition organisée en partenariat avec l’association Surface sensible / imagerie nomade en Lorraine, le centre culturel français d’Alger et l’association française d’action artistique

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