Empreintes de ma Mémoire…
Travail en cours

La photographie m’a permis d’ouvrir la boite de pandore d’une mémoire qui clandestinement habitait en moi. Aussi loin que je puise dans mes souvenirs, j’ai toujours subi cette intense pression dans ma poitrine. Il me faut aujourd’hui toujours la contenir.
J’ai dans la pénombre débuté il y 20 ans cette quête vers la lumière et cherché à mettre en images les récits oniriques que les rescapés du génocide arméniens m’ont légués.
Voilà, ce terme contesté, discuté, maudit est lancé. Génocide…
Pour la Turquie l’héritage de cette tragédie est associé aux horreurs de la guerre dont la souffrance fut partagée ; or pour les arméniens elle fait partie d’un plan savamment orchestré et méticuleusement mis en application sans négliger sa dernière phase,  la négation…
J’ai puisé ces allégories dans mon imaginaire. Loin de constituer une étude scientifique elles s’appuient sur les métaphores qui hantent mon esprit. Mon ouvrage ne repose pas exclusivement sur un accouchement introspectif, il est tourmenté par cette négation d’état, et du cortège de lois qui traquent quiconque en Turquie emploie ce terme hors-la-loi. Génocide.
Insidieusement des meutes de prédateurs, héritiers de cette haine sans visage exécutent ceux qu’ils jugent hérétiques.
Hrant Dink tu étais notre ami…
Tu avais compris avant tous que cette reconnaissance passait par la sensibilisation de la société turque à cet épisode de son histoire, volé, caché, menti.
Ces symboles habitent à l’intérieur de moi, ils me dévorent et j’éprouve le besoin irrépressible de les faire émerger de mon âme et de me rendre dans l’antre informe de cette histoire afin que le miracle photographique se produise car il ramène les vivants des ténèbres à la vie. Ainsi l’arôme des parfums disparus se libère de l’amphore. Sur cette terre sacrée j’ai découvert des pièces secrètes enfouies dans mon inconscient où des visages inconnus mais étrangement familiers apparurent. Certains m’ouvraient le livre secret, d’autres le tenaient fermement clos ; pourtant, ils me donnèrent tous le sentiment de savoir pourquoi j’étais là…


Antoine Agoudjian, Mars 2009


Ecrire à Antoine Agoudjian
Visite du site