Transit

Alors que la mobilité est devenue une des qualités exigées chez l’homme moderne, la notion de transit est changeante selon que l’on voyage pour tourisme, pour affaires ou par nécessité. Si le voyage n’implique pas d’échange officiel à valeur marchande le voyageur devient suspect.
Le clandestin, le sans papiers, l’individu en quête d’une vie meilleure aura eu beau parcourir des milliers de kilomètres – et payer ses passeurs au passage – les infrastructures mises en place par les villes ne sont pas pour lui.
Autoroutes, gares et aéroports assurent le rayonnement économique et culturel de nos villes. Celui qui en a les moyens peut en profiter et rentrer dans la danse de la libre circulation. Urbanistes et architectes ont conçu pour lui un réseau performant et, si possible, agréable à regarder. Il n’a plus qu’à suivre les flèches et se laisser porter, l’individu de passage, en transit dans ces lieux. Il croisera la route de ses semblables venus d’ailleurs, mais point de rencontre possible pour l’instant, il ne fait que passer.
Pourtant, que ce soit le long des périphériques ou autour des gares, ces espaces ne sont pas uniquement
destinés au voyage. Là où certains ne font qu’une escale, d’autres sont définitivement installés et doivent trouver leur place alors que tout semble prévu pour que ça circule. Parfois enclavés entre les lignes de fuite, ils devront s’ingénier à pallier les lacunes des infrastructures prévues pour leurs propres déplacements.
Ainsi, les réseaux d’échange mis en place par nos villes dessinent aussi les contours de notre société.
Celle-ci se construit l’image d’une mobilité favorisée alors qu’elle n’a pas réglé le problème des frontières économiques.

Ecrire au photographe
Visite du site.