Tout est lié dans ce monde !


Rien n’est trop humble. Rien n’est trop vide. Rien n’est trop beau.
Il faut de l’espace à l’homme comme à l’animal et la plante. C’est dans cet espace que l’envol, le souffle, la méditation, la conscience de soi peuvent prendre naissance et nous montrer l’intelligence de la vie.

Pour commencer, je citerai Herman Hess pour la justesse de son propos :
« Par le terme d’artiste, j’entends tous ceux qui éprouvent le besoin et la nécessité de se sentir vivre et grandir, de savoir où ils puisent leurs forces et de se construire à partir de là, suivant des lois qui leur sont propres. »


L’art et la photographie que je pratique fonctionnent comme un révélateur de mes aspirations profondes ; ils servent à mettre en relation le monde extérieur avec mon être profond et spirituel : rétablir des passerelles et des liens entre le social et l’intime, la nature et la culture. Faire en sorte que co-habitent une quête spirituelle et une recherche formelle.
La photographie est comme la peau, un lien entre l’intérieur et l’extérieur, un espace où l’on peut sentir différents mondes dans l’instant même de sa présence.

Mon travail est toujours le fruit d’une attention extrême qui donne vie à un monde onirique plein de formes et d’apparitions.

Une part importante de mon travail consiste à réaliser des photographies à l’image des poèmes Haïkus, celles que je vous envoie aujourd’hui.
D’ailleurs la photographie par son instantanéité, son rapport au temps, sa fulgurance est le médium qui correspond peut-être le mieux à cette forme de poésie.

Selon la formule d’Yves Bonnefoy, dans le Haiku, il s’agit "de faire corps avec l’instant" et "de se mettre dans un état de silence qui va se faire une source".
Le poète des haikus introduit une autre dimension : celle de la distance annulée.
Du coup, écrit Maurice Coyaud, les deux infinis se rejoignent, microcosme et macrocosme n’ayant d’existence propre qu’en écho.

Par cet état de présence, je cherche à exprimer et à montrer l’énergie créatrice de toute chose et en toute chose. Le rapport à la nature, au paysage, aux humains et aux sensations simples mais indispensables qui en découlent est déterminant dans mon travail.

À travers un regard neuf et précis, j’observe ce qui nous est familier à l’intérieur comme à l‘extérieur, J’essaye d’être attentif aux choses les plus simples comme les plus triviales pour (re)découvrir leur potentiel créatif et expressif.

Apprendre à regarder les nuages. Être un « explorateur de ma nature ».

L’art est une machine à fabriquer des moments de présence à soi et au monde.


©hristophe Beaulieu


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