| La méridienne verte Dans le bocage notre mémoire se tient, secrète et provisoire. Létang se renverse, de lui en lui, patient et sonore. La digue le contient, le divise, le charpente. Le déversoir fait son office, bonde obstinée, bougonne, besogneuse. Dans leau brune et hors dâge de facétieux petits poissons concourent à qui sautera le mieux, largent du premier prix décorant déjà leur flanc. Le meuglement des fauves dans la pâture immensément morcelée nous fait croire à quelque safari dans cette Corrèze froidement tropicale. Des lièvres flâneurs, brin dherbe aux dents, sillonnent ces routes forestières où le jour nest quune usante pénombre. Un charmant couple parisien nous fait les honneurs de son château granitique, un il sur les plafonds à la française, un autre sur les rondeurs du ventre dorénavant dynastique de la belle épousée. Nous devinons dimprobables et obscures boutiques ici on ne plaisante pas avec la fragile pérennité des ampoules dont nous nosons franchir le seuil afin de nous informer de quel étonnant achat nous pourrions nous acquitter. Un ancêtre, tremblant et si doux sa hache à la main ; relique aimable dans le hameau désert où tout est à vendre, nous parle à voix très basse pour ne pas déranger les absents. Et puis une soif dart contemporain qui assume la renaissance dune abbaye du 18° siècle et pousse les installations jusque dans lécheveau dune charpente deux fois séculaire. Jean-Paul Belly, août 2002, lui écrire |