L'instant d'après

Depuis que je pratique la photographie, j’ai toujours choisi de présenter mes images en les associant. Ainsi l’idée du diptyque s’est naturellement imposée lorsque j’ai commencé à photographier la danse.

Un diptyque se compose de deux photos correspondant à deux prises de vues
strictement consécutives. L’ensemble du diptyque impose ainsi une chronologie seconde qui s’insère à l’intérieur de la chorégraphie originale.

J’enregistre les liens qui existent déjà dans la chorégraphie et qui deviennent la matière formelle de mes images.

Je choisis a posteriori d’associer deux images consécutives lorsque des correspondances et/ou des discordances de lignes et de mouvements apparaissent : lorsque de la première partie du diptyque un mouvement se prolonge dans la seconde comme s’il n’y avait pas de coupure ou au contraire lorsque immobilité et mouvement semblent se contredire. Il s’agit d’une sorte de séquence avec la barre du négatif rythmant la succession des deux moments saisis.

C’est une façon de se détacher de la succession strictement chronologique pour tenter une autre approche du temps. En effet, la chronologie du spectacle est différée. Un temps plus ou moins long s’est écoulé entre les deux images.

Chacun peut alors imaginer le parcours entre les deux instants captés.

Je cherche ainsi à conserver une trace de la dynamique du mouvement, à saisir ce qui ne cesse de se transformer, tout en jouant avec le temps réel de la chorégraphie.

A travers ce travail je présente une façon de voir, de vouloir montrer.
C’est aujourd’hui la forme qui restitue le mieux mon regard.

Une chose mystérieuse, fugitive que je désire capter, retenir.

Un mouvement dans les corps et un mouvement dans l’image.

Ecrire à marie-pierre florenson