Ce que j'aime dans la photographie c'est ce double regard (double vue ?) croisé qu'elle me permet de porter sur les êtres et les choses. Je dirai que la photographie me permet également, grâce à la nature de ce regard, de me situer dans cet espace intermédiaire entre les deux rives du réel que nous
nommons l'objectivité et la subjectivité. C'est dans cet entre-deux que se construit mon regard, dans cet espace énigmatique, sacré, à la fois sombre et lumineux. Et j'y ai bien souvent l'impression d'interroger ce grand réel, cette grande Dame au visage fuyant ou trop fugace, de La chercher au fond du puits de mes énigmes, et parfois entr'apercevoir dans l'éclair d'un instant sa cime inversée dans l'eau du ciel.
Car j'ai maintenant cette certitude fragile, la photographie m'y a conduit :
l'extériorité du réel que nous nommons réalité est illusoire, au bal des ombres du grand Réel, je n'irai plus danser...

Patrick Le Guen, Ecrire au photographe

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