Le voyage dans la vie intime des éléments se situe dans la biologie du visible, dans cette micro-analyse ou chirurgie de l’image, dans ce désir de creuser la matière afin d’aller jusqu’au cœur analytique des choses, jusqu’aux particules qui deviennent progressivement invisibles, nous conduisant vers l’immatérialité des molécules. Alors la granularité du pigment et la parcellisation du pixel tendent à se confondre et à échanger leur expressivité. Tel un alchimiste friand du processus de sublimation et de transmutation, j’explore ici un micro monde, l’infiniment petit et mouvant, la fine fleur de la matière. La particule pigmentaire ou phosphoreuse tellement fine et serrée dans sa contexture renferme les secrets propres à la vie picturale élémentaire. Couleur-matière et couleur-lumière se télescopent au cœur de ces entités minimales. Pigment et pixel sont ici saisis comme des interfaces entre deux mondes, interfaces entre le monde sensible et le monde intelligible, entre le réel et le virtuel, entre l’image et le calcul. Pigment et pixel, au sein de leur propre espace, cristallisent cet entre-deux, intermédiaire incarnant une zone d’interaction, de contact. Leur nature est fluide, aérienne et labile.
Il s’agit là d’un passage d’un intérieur vers un extérieur, d’une brèche poreuse par laquelle fuse et se répand ce qui auparavant était invisible.

Expérimentations colorées autour de l’entre-deux :
Nature et artifice, réel et virtuel,
Archéologie et technologie,
Minéral et digital, pigment et pixel
Pigmentellisation

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