Je suis avant tout un photographe urbain.
J'ai besoin d'être imprégné de mon sujet et je ne conçois pas de faire des photos autrement qu'en série.
Je dois donc trouver mon sujet et savoir exactement ou je veux aller, quitte à modifier en cours de route le projet au vu des premiers résultats, avant de faire une photo.
La déchetterie n'échappe pas à cette conception.
La déchetterie est un lieux bien connu des parisiens on la voie de loin sous toutes les coutures.
J'habite en face.
J'ai mis 2 ans avant de faire la première photo de ma terrasse.
Je me suis donné des contraintes, toujours le même cadre et la photographier pendant un an.
Pour avoir toutes les saisons, et voir les évolutions du décor, il y en a, bien qu'imperceptibles. Les branches de l'arbre en premier planpar exemple, qui aujourd'hui n'existe plus.
Ce qui a suscité mon intérêt c'est que malgré la laideur de l'environnement, le ciel est la lumière semblaient résister, dans son infinie diversité, à toute cette pollution, celle de la déchetterie mais aussi du périphérique sur sa gauche, de l'autoroute derrière elle, plus la pollution visuelle.
Je ne voulais surtout pas faire une série sur le thème: " voyez comme cette déchetterie est laide".
J'ai juste contemplé cette confrontation.
J'ai tenté de suivre en toute modestie, le célèbre principe de Paul Klee: "L'art ne reproduit pas le visible ; il rend visible".

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