La part intime


La photographie est pour moi un geste instinctif et quotidien. Ce qui accroche mon regard, ce n’est pas l’événement, mais les infinis détails qui construisent chacun de nos jours. Une lumière, un pli, un geste, l’inquiétude d’un regard familier. J’essaie, par le jeu du regard, de donner à ces choses minuscules, une force inattendue, un sens universel.

En cela, je me sens proche du travail de la photographe japonaise, Rinko Kawauchi qui, en photographiant ses proches, renvoit chacun d’entre nous à sa propre intimité.

L’expérience du regard d’autrui sur mon travail m’a encouragé dans cette voie : plonger dans l’intime pour y saisir des traces, inquiètes, du temps qui passe, et tendre à celui qui regarde mes images un miroir fragile de nos vies.

Venant du cinéma, j’aime assembler mes photos sous forme narrative. J’opère un véritable processus de montage : le sens surgit de la confrontation des images les unes avec les autres, et mes journaux photographiques ne sont pas tant des chroniques que des fictions intimes. Des personnages se créent, posant leur regard vers un hors champ inconnu. Un récit se fait jour. Le journal devient une histoire, à la fois ordinaire et partagée, une histoire commune.


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