| SOWETO Dans la poussière, la sueur et l'espoir Prise de son : Galith Sultan / Musique et arrangements : Andy Innes. Vendredi 8 octobre 2004, Soweto, Afrique du Sud. Lorsque je pose les pieds pour la première fois à Kliptown, quartier déshérité du mythique ghetto, je n’ai qu’une envie : repartir aussi vite et oublier. A cet instant, je suis loin d’imaginer que de cette rencontre naîtra “Soweto : dans la poussière, la sueur et l’espoir”, ou la reconstitution d’une expérience personnelle hors du commun. On ne se promène pas à Kliptown. On “vit” Kliptown. La journée, une épaisse poussière pénètre chaque centimètre carré de votre peau jusqu’à recouvrir les paroies de vos sinus déséchés. A tel point que votre mouchoir, noirci, finit par se tâcher de sang. Impossible aussi de soulager votre vessie -surtout lorsque vous êtes une femme- dans ces petites cabines publiques débordant d’excréments. La nuit, l’odeur du feu se mêle à la sueur froide. Vos os se glacent tandis que, le visage rouge écrevisse, la fièvre commence à monter. Très vite, votre unique fantasme se résume à retrouver le confort de votre chambre d’hôtel. Mais cette souffrance du corps représente bien peu face à celle de l’esprit. Pauvreté, chômage, alcoolisme, délinquance, abus sexuels, sida... Dans les rues de Kliptown, les enfants traînent, curieux, à l’affût. Autour d’eux, des affiches rappellent qu’ils ont des droits, dénoncent la banalisation des armes à feu, contribuent à une lutte effrénée contre les maladies sexuellement transmissibles. Et face à cette jeunesse écorchée : Bob Nameng. Intelligence, détermination, générosité... Bob fait partie de ces êtres d’exception. Dans son Afrique du Sud laissée pour compte, c’est la “lueur” que ce personnage carismatique incarne à travers une organisation : SKY -Soweto Kliptown Youth-. Le respect de l’autre par la valorisation de ses différences, mais aussi le respect de soi, l’importance de faire les bons choix dans un environnement si propice aux mauvais... Telles sont les valeurs de base que Bob inculque inlassablement aux plus jeunes, avec la volonté de les voir ensuite se répandre dans chaque petite habitation du township. D’une terrible injustice à un espoir sans limite, en passant par l’enfance et l’identification qu’elle a la capacité de susciter en chacun de nous... Voici donc mon récit." Ecrire à galith.sultan BIOGRAPHIE Galith Sultan est née en 1971 en Israël. Elle fait partie de l’agence Rapho. Diplômée de l’Ecole Municipale d’Arts Plastiques de Nice, son travail est principalement axé sur l’Afrique du Sud, pays qu’elle découvre en 1991 à travers le film de Richard Attenborough “Cry Freedom”. Il marquera le point de départ d’une série de recherches et travaux réalisés autour de l’histoire de ce pays (“L’Afrique du Sud en Noir et Blanc”/1995, “L’Afrique du Sud dans le creux des mains”/2000, “Hamburger-frites sur la route de Johannesburg”/2002 ou encore “Soweto dans la poussière, la sueur et l’espoir”/2004). Plusieurs expositions en découleront, tant en France qu’à l’étranger (Italie, Espagne, Monaco, Belgique, Taïwan, Afrique du Sud...). Parallèlement à ses recherches, elle collabore de nombreuses années avec Johnny Clegg, lequel lui confiera également le design d’un de ses albums. Le travail de Galith Sultan est aujourd’hui soutenu par la Fnac, le Théâtre de la Photographie et de l’Image de Nice, l’Institut Français d’Afrique du Sud, Giovanna Calvenzi, Lucien Clergue... Elle est notamment lauréate du Prix Fnac, finaliste de la bourse à la création des Transphotographiques de Lille, de la bourse Chroniques Nomades/Fujifilm de Honfleur... Son travail a également obtenu une nomination au Prix de la Fondation CCF pour la Photographie. Ses photographies ont été présentées lors des Foires Internationales d’Art Contemporain “Art Jonction” (Nice) et “Artenim” (Nîmes), à l’occasion du Festival “Playtime” (Johannesburg & Soweto), du Mois de la Photo de Cape Town... Elles font partie de la collection de la Fnac et de plusieurs collections privées. |