Tilby vit à Montpellier. Graphiste de formation, il est passionné de photographie.
D’abord plasticien, il décompose les images du réel et se les réapproprie en y mêlant collages, superpositions et
autres techniques picturales.
Son activité professionnelle lui permet rapidement d’explorer le mariage de ces techniques avec l’infographie.
Naissent alors des images composites où se mêlent éléments graphiques, parfois typographiques, et paysages imaginaires. Des univers qui nous parlent de l’immensité des origines.



Il s'agit en premier lieu de s’approprier les éclats du réel, au moyen de l’objet photographique.
De les stocker comme matière numérique première, le temps qu’ils se libèrent de l'émotionnel présent lors de la prise de vue.
Il ne reste alors plus que l'essence de l’image, ainsi décantée, prête à être travaillée, déstructurée et superposée pour créer de toutes pièces un territoire parallèle.
Un univers où les éléments naturels prennent toute leur force, où le silence et l’absence évoquent cet instant qui précède la vie. On y côtoient des échelles contradictoires, troublant les pistes, enfantant des paysage oniriques.
Apparaissent ça et là d’autres vestiges de notre réalité, fragments de signes passés et actuels, messages graphiques. Un travail sur la trace, la présence matérialisée par l’absence.

Tilby Vattard.



Paysages imaginaires...
"...J'aime les endroits nus mais chargés d'émotion. Les ciels lourds, les lieux secs et désolés..."
Tout est vrai, et tout est faux. Ce qui se dévoile n’est pas la réalité, mais une autre réalité, ni plus séduisante, ni plus
admirable, mais indéniablement plus lyrique. Les paysages, retravaillés, recomposés par l’artiste, nous offrent un
univers épuré, incroyablement « sensible ». L’image qu’il nous est donné d’admirer n’est pas une image d’Epinal,
c’est la synthèse d’un travail d’artiste, aussi peintre que photographe ainsi que l’on peut s’en apercevoir, un artiste
qui modèle les éléments, qui les sublime à sa façon. Cette photographie nous transporte au cœur de paysages aux
larges ciels, aux nuages bas et lourds, à la limite de l’horizon, là où tout se fond, où tout se neutralise, dans une
lumière indécise, une lumière d’après l’orage. Sommes-nous au début des temps, dans l’atmosphère originelle des
premières années de notre bonne vieille planète ? Il émane de l’image une virginité retrouvée, un souffle venu de
très loin en deçà.
Et puis, le jeu s’affirme dans cette image, quelque chose qui apparaît en filigrane, qui n’essaie pas de nous faire
prendre des vessies pour des lanternes, une volonté discrète mais présente de se situer entre le réel et l’imaginaire,
une zone non définie qui n’appartient qu’à l’artiste, qui est sa marque de fabrique, sa raison d’être. Autant le dire, on
s’amuse très vite de cet espace, on s’y retrouve avec jubilation. Tilby Vattard joue avec les paysages comme
d’autres avec un morceau de glaise, il est sculpteur d’infini. D'un simple rocher, il fait une montagne, l'image d'un roc
hérissé nous transporte dans un paysage lunaire, d’un arbre à l’horizon il fait un fétu de paille seul face à un ciel
omnipotent. Des images qui sont autant de visions pile ET face de la réalité, d’une certaine réalité, de la Nature pour
tout dire, la Nature « toujours recommencée », la Nature, grande inspiratrice de Tilby Vattard.
L.Duhamel - “Miroir de l’art”


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