Couleurs D’ISLANDE

août-septembre 1995, février 2002, février 2004.


L’âme de l’Islande, pays de contradictions géographiques, a été capturée petit à petit, par des fractions de temps photographique afin de nous dévoiler ses grands espaces, sa beauté et ses couleurs à travers ce travail.
Paysages romantiques et nostalgiques à la fois, aucune trace de vie humaine n’est visible, transformant l’Islande en un désert où seuls les éléments naturels s’expriment avec la grâce et l’expressivité qui leur sont dues.
Les matières et les couleurs s’y mélangent et s’y complètent en totale harmonie pour nous offrir un spectacle où les ambiances se succèdent au rythme des paysages.
L’Islande, «Terre de feu et de glace», a déjà été contée par de grands écrivains. Point de départ pour un Voyage au centre de la terre, angoisse et espoir pour les Pêcheurs d’Islande. Aujourd’hui, elle nous est contée par un photographe. Il partage avec nous ses images, son aventure photographique, ses émotions, son émerveillement.


‘‘.
.. Le ciel s’était couvert d’un grand voile blanchâtre, qui s’assombrissait par le bas, vers l’horizon, passait aux gris plombés, aux nuances ternes de l’étain. Et là-dessous, les eaux inertes jetaient un éclat pâle, qui fatiguait les yeux et qui donnait froid...

... L’Islande, assez lointaine, (...) montrait de plus en plus nettement ses grandes montagnes de pierres nues - , qui n’ont jamais été éclairées que par côté, par en dessous et comme à regret. Elle se continuait même par une autre Islande de couleur semblable qui s’accentuait peu à peu - , mais qui était chimérique, celle-ci, et dont les montagnes plus gigantesques n’étaient qu’une condensation de vapeurs. Et le soleil, toujours bas et traînant, incapable de monter au-dessus des choses, se voyait à travers cette illusion d’île, tellement, qu’il paraissait posé devant et que c’était pour les yeux un aspect incompréhensible. Il n’avait plus de halo, et son disque rond ayant repris des contours très accusés, il semblait plutôt quelque pauvre planète jaune, mourante, qui se serait arrêtée là indécise, au milieu d’un chaos...’


Pierre LOTI
« Pêcheur d’Islande. »



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